AMPHORA

 amphores

elles servaient à contenir vin, huile d'olive, poisson, graines...

Amiens Musée de Picardie

 Celle de gauche est une amphore augustéenne, amphore à vin provenant de Tarraconnaise.

milieu du Ier siècle av. J-C- fin du règne d'Auguste

terre cuite rouge H.101 cm , diamètre 32 cm

 

Textes collectés sur le site Itinera Electronica Du texte à l'hypertexte

http://agoraclass.fltr.ucl.ac.be/concordances/intro.htm

 

Horace, Odes, Livre III

À UNE AMPHORE

 


Texte latin :

[3,21,1] O nata mecum consule Manlio,
seu tu querellas siue geris iocos
seu rixam et insanos amores
seu facilem, pia testa, somnum,

[3,21,5] quocumque lectum nomine Massicum
seruas, moueri digna bono die,
descende, Coruino iubente
promere languidiora uina.
Non ille, quamquam Socraticis madet

[3,21,10] sermonibus, te negleget horridus:
narratur et prisci Catonis
saepe mero caluisse uirtus.
Tu lene tormentum ingenio admoues
plerumque duro; tu sapientium

[3,21,15] curas et arcanum iocoso
consilium retegis Lycaeo.
Tu spem reducis mentibus anxiis
uiresque et addis cornua pauperi,
post te neque iratos trementi

[3,21,20] regum apices neque militum arma.
Te Liber et si laeta aderit Venus
segnesque nodum soluere Gratiae
uiuaeque procucent lucernae,
dum rediens fugat astra Phoebus.

 

Traduction française :

[3,21,1] O née avec moi, sous Manlius consul, soit que tu contiennes les plaintes, ou les jeux, ou les querelles, ou les amours insensées, ou le sommeil facile, ô pieuse amphore!

[3,21,5] Tu n'en gardes pas moins un Massicus choisi, et tu es digne de fêter un jour heureux. Viens, Corvinus l'ordonnant, nous verser ton vieux vin. Il ne te négligera pas, farouche,

[3,21,10] bien qu'il soit imbu des maximes Socratiques. On dit que la vertu de Cato l'ancien fut souvent échauffée par le vin. Tu touches par une douce violence l'esprit le plus rigide; tu révèles, à l'aide du joyeux Lyaeus,

 

[3,21,15] les soucis des sages et leur pensée secrète. Tu rends l'espérance aux âmes anxieuses, tu relèves les forces et la tête du pauvre, et, après toi, il ne craint

 

[3,21,20] ni les diadèmes des rois irrités ni les armes des soldats. Liber, et Vénus, si, propice, elle vient à nous, et les Grâces qui ne rompent point leur noeud, te feront durer, à la clarté des lampes, jusqu'à l'heure où Phoebus, revenant, chasse les astres.

 

 
Apulée, Métamorphoses

amphoram

 


Texte latin :

 
[11,10,1] Tunc influunt turbae sacris diuinis initiatae, uiri feminaeque omnis dignitatis et omnis aetatis, linteae uestis candore puro luminosi, illae limpido tegmine crines madidos obuolutae, hi capillum derasi funditus uerticem praenitentes magnae religionis terrena sidera, aereis et argenteis, immo uero aureis etiam sistris argutum tinnitum constrepentes, et antistites sacrorum proceres illi, qui candido linteamine cinctum pectoralem adusque uestigia strictim iniecti potentissimorum deum proferebant insignis exuuias.Quorum primus lucernam claro praemicantem porrigebat lumine non adeo nostris illis consimilem, quae uespertinas illuminant epulas, sed aureum cymbium medio sui patore flammulam suscitans largiorem.Secundus uestitum quidem similis, sed manibus ambabus gerebat altaria, id est auxilia, quibus nomen dedit proplrium deae summatis auxiliaris prouidentia. Ibat tertius attollens palmam auro subtiliter foliatam nec non Mercuriale etiam caduceum.Quartus aequitatis ostendebat indicium deformatam manum sinistram porrecta palmula, quae genuina pigritia, nulla calliditate nulla sollertia praedita, uidebatur aequitati magis aptior quam dextera;idem gerebat et aureum uasculum in modum papillae rutundatum, de quo lacte libabat. Quintus auream uannum aureis congestam ramulis, sextus ferebat amphoram.

Traduction française :

 
(XI, 10, 1) Après eux marchaient de nombreux officiers, criant à la foule de faire place au sacré cortège, et suivis de la multitude des initiés aux sacrés mystères, hommes, femmes, de tout rang, de tout âge, tous en robes de lin d'une blancheur éblouissante; les femmes entourant de voiles transparents leur chevelure inondée d'essences; les hommes rasés jusqu'à la racine des cheveux, et montrant à nu leur chef luisant.(2) Pléiade terrestre de la grande déesse, ces derniers venus tenaient des sistres d'airain, d'argent et même d'or, dont ils tiraient un tintement aigu. Venait ensuite le corps imposant des pontifes, vêtus de blanches robes de lin, serrées à la taille et descendant jusqu'aux talons. Les divins attributs étaient dans leurs mains.(3) Leur chef tenait une lampe qui répandait la clarté la plus vive, et dont la forme, qui était celle d'une nef d'or, n'avait rien de commun avec les lampes de nos repas du soir; car le foyer était au centre, et fournissait un bien plus grand volume de lumière.(4) Le second pontife, vêtu comme le premier, portait dans ses mains les deux autels appelés secours, d'où dérive l'épithète de secourable, attachée au nom de la grande déesse. Un troisième élevait en marchant une palme d'or, dont les feuilles étaient du travail le plus exquis, et le caducée de Mercure.(5) Un quatrième montrait le symbole de la Justice: c'était une main gauche toute grande ouverte, laquelle, étant moins alerte, moins souple et moins agissante que la droite, n'en est que plus propre à caractériser la justice.(6) Ce dernier portait aussi du lait dans un petit vase d'or arrondi en forme de mamelle, et il en faisait des libations. Un cinquième était chargé d'un van d'or, rempli de petits rameaux du même métal. Enfin, un dernier marchait présentant une amphore.
Cicéron, Contre Verrès

amphoras


Texte latin :

 
[22,74] LXXIV. (182) Itaque ut hoc comperi, remotas esse litteras societatis, habui rationem eorum annorum per quos iste in Sicilia fuisset; dein quaesiui, quod erat inuentu facillimum, qui per eos annos magistri illius societatis fuissent, apud quos tabulae fuissent. Sciebam enim hanc magistrorum qui tabulas haberent consuetudinem esse, ut, cum tabulas nouo magistro traderent, exempla litterarum ipsi habere non nollent. Itaque ad L- Vibium, equitem Romanum, uirum primarium, quem reperiebam magistrum fuisse eo ipso anno qui mihi maxime quaerendus erat, primum ueni. Sane homini praeter opinionem improuiso incidi. Scrutatus sum quae potui et quaesiui omnia: inueni duos solos libellos a L- Canuleio missos sociis ex portu Syracusis, in quibus erat scripta ratio mensuum complurium rerum exportatarum istius nomine sine portorio: itaque obsignaui statim. (183) Non erat haec ex eodem genere quod ego maxime genus ex sociorum litteris reperire cupiebam. uerum tantum inueni, iudices, quod apud uos quasi exempli causa proferre possem. Sed tamen quicquid erit in his libellis, quantulumcumque uidebitur esse, hoc quidem certe manifestum erit: de ceteris ex hoc coniecturam facere debebitis. Recita mihi, quaeso, hunc primum libellum, deinde illum alterum. LIBELLI CANULEIANI. Non quaero unde cccc amphoras mellis habueris, unde tantum Melitensium, unde L tricliniorum lectos, unde tot candelabra; non, inquam, iam quaero unde haec habueris, sed quo tantum tibi opus fuerit, id quaero. Omitto de melle, sed tantumne Melitensium, quasi etiam amicorum uxores, tantum lectorum, quasi omnium istorum uillas ornaturus esses?

Traduction française :

 
[22,74] LXXIV. Ainsi, dès que j'eus découvert que les lettres adressées aux administrateurs de la ferme étaient supprimées, je fis attention aux années pendant lesquelles Verrès avait été préteur en Sicile. Je cherchai ensuite, ce qui était fort facile à trouver, quels avaient été, pendant ces mêmes années, les chefs de la compagnie. C'est un usage, je le savais, parmi les chefs qui tiennent les registres, que, lorsqu'ils les remettent à un nouveau chef, ils ne sont pas fâchés de garder eux-mêmes copie des lettres. J'allai donc chez L. Vibius, un des premiers de l'ordre équestre, qui se trouvait avoir été chef l'année même où je voulais faire des recherches. Je le surpris sans qu'il m'attendît. Je fouillai, je cherchai partout où je pus. Je ne trouvai que deux mémoires envoyés à la ferme par Canuléius du port de Syracuse : on y voyait un compte de plusieurs mois, d'effets transportés au nom de Verrès, sans acquit de droits. J'y mis le scellé à l'instant. Ces pièces étaient du genre de celles que je désirais surtout retrouver dans les papiers de la compagnie; il suffit de deux, juges, pour servir d'exemple. Le peu qu'il y aura dans ces mémoires sera du moins évident : vous pourrez par là conjecturer du reste. Greffier, lisez le premier mémoire ; vous lirez ensuite le second. MÉMOIRES DE CANULÉIUS. Je ne vous demande pas encore, Verrès, d'où vous avez eu quatre cents amphores de miel, une si grande quantité d'étoffes de Malte, cinquante lits de salle à manger, un si grand nombre de candélabres; je ne vous demande pas, dis je, d'où vous avez eu tout cela : je vous demande ce que vous en vouliez faire. Passe encore pour le miel ; mais pourquoi une si grande quantité d'étoffes de Malte? était-ce pour en parer les femmes de vos amis? Pourquoi tant de lits? était-ce pour en orner leurs maisons de plaisance?

 Martial, Epigrammes, Livre XII

amphorae


Texte latin :

 
[[12,32] XXXII.
O Iuliarum dedecus Kalendarum,
Vidi, Vacerra, sarcinas tuas, uidi;
Quas non retentas pensione pro bima
Portabat uxor rufa crinibus septem
5 Et cum sorore cana mater ingenti.
Furias putaui nocte Ditis emersas.
Has tu priores frigore et fame siccus
Et non recenti pallidus magis buxo
Irus tuorum temporum sequebaris.
10 Migrare cliuom crederes Aricinum.
Ibat tripes grabatus et bipes mensa,
Et cum lucerna corneoque cratere
Matella curto rupta latere meiebat;
Foco uirenti suberat
amphorae ceruix;
15 Fuisse gerres aut inutiles maenas
Odor inpudicus urcei fatebatur,
Qualis marinae uix sit aura piscinae.
Nec quadra deerat casei Tolosatis,
Quadrima nigri nec corona pulei
20 Caluaeque restes alioque cepisque,
Nec plena turpi matris olla resina,
Summemmianae qua pilantur uxores
Quid quaeris aedes uilicesque derides,
Habitare gratis, o Vacerra, cum possis?
Haec sarcinarum pompa conuenit ponti.
 

Traduction française :

 
[12,32] XXXII. - CONTRE VACERRA
O honte des Calendes de Juillet ! J'ai vu, Vacerra, défiler ton mobilier. Je l'ai vu. On avait dédaigné de le saisir pour deux ans de loyer. Ta femme le portait, cette rousse aux sept cheveux, aidée de sa soeur géante et de sa mère chenue. J'ai pensé voir les Furies émergeant de la nuit infernale. Derrière elle, séché de froid et de faim, plus pâle qu'un vieux buis, Irus de ton temps, tu marchais.
On eût dit une migration de la montée d'Aricie.

Défilèrent un grabat à trois pieds, une table bipède, une lampe, une tasse de corne, un pot de chambre dont le ventre fêlé pissait. Venait ensuite un goulot d'amphore servant de foyer, un vieux cruchon de sauterelles ou de maigres anchois, à en croire l'odeur ignoble telle que l'haleine d'un vieux marin. Il n'y manquait pas le quartier de fromage de Toulouse, avec un noir chapelet de pouliot vieux de quatre ans, des bâtons garnis d'aulx et d'oignons, un pot appartenant à ta mère, contenant un fond de cette immonde résine dont s'épilent les Vénus de barrière. Pourquoi chercher un logement, Vacerra, et te moquer des paysans, quand tu peux loger gratis? Le cadre qui convient à la pompe de ton ménage? Le coin d'un pont!
Pétrone, Satyricon

amphoram


Texte latin :

 
[70] (LXX) Necdum finieram sermonem, cum Trimalchio ait: "Ita crescam patrimonio, non corpore, ut ista cocus meus de porco fecit. Non potest esse pretiosior homo. Volueris, de uulua faciet piscem, de lardo palumbam, de perna turturem, de colaepio gallinam. Et ideo ingenio meo impositum est illi nomen bellissimum; nam Daedalus uocatur. Et quia bonam mentem habet, attuli illi Roma munus cultros Norico ferro". Quos statim iussit afferri, inspectosque miratus est. Etiam nobis potestatem fecit ut mucronem ad buccam probaremus. Subito intrauerunt duo serui, tanquam qui rixam ad lacum fecissent; certe in collo adhuc amphoras habebant. Cum ergo Trimalchio ius inter litigantes diceret, neuter sententiam tulit decernentis, sed alterius amphoram fuste percussit. Consternati nos insolentia ebriorum intentauimus oculos in proeliantes, notauimusque ostrea pectinesque e gastris labentia, quae collecta puer lance circumtulit. Has lautitias aequauit ingeniosus cocus; in craticula enim argentea cocleas attulit et tremula taeterrimaque uoce cantauit. Pudet referre quae secuntur: inaudito enim more pueri capillati attulerunt unguentum in argentea pelue pedesque recumbentium unxerunt, cum ante crura talosque corollis uinxissent. Hinc ex eodem unguento in uinarium atque lucernam aliquantum est infusum. Iam coeperat Fortunata uelle saltare, iam Scintilla frequentius plaudebat quam loquebatur, cum Trimalchio: "Permitto, inquit, Philargyre et Cario, etsi prasinianus es famosus, dic et Menophilae, contubernali tuae, discumbat. "Quid multa? Paene de lectis deiecti sumus, adeo totum triclinium familia occupauerat. Certe ego notaui super me positum cocum, qui de porco anserem fecerat, muria condimentisque fetentem. Nec contentus fuit recumbere, sed continuo Ephesum tragoedum coepit imitari et subinde dominum suum sponsione prouocare si prasinus proximis circensibus primam palmam".

Traduction française :

 
[70] LXX. COMMENT, SUR L'ORDRE DE TRIMACION LUI-MÊME, LES INVITÉS SONT ENVAHIS PAR LA VALETAILLE. Je n'avais pas fini quand Trimalcion dit : « Puissé-je voir croître encore, non pas mon embonpoint, mais mon patrimoine, aussi vrai que tout cela, mon cuisinier l'a fait rien qu'avec du porc. Il n'y a pas homme plus précieux au monde. On n'a qu'à commander : d'un ventre de truie, il vous fait un poisson ; du lard, une colombe ; d'un jambon, une tourterelle ; des intestins, une poule. En conséquence, j'ai tiré pour lui de mon cerveau fertile un nom superbe : je l'appelle Dédale. Et, à cause de ses bonnes idées, je lui ai fait venir de Rome des couteaux en acier de Norique. » Il les fit apporter aussitôt, les examina, les admira et nous donna finalement l'autorisation d'en essayer la pointe sur nos lèvres. Sur ces entrefaites entrent deux esclaves qui se disputaient comme s'ils avaient eu une querelle à la fontaine : en tout cas, ils portaient encore leurs cruches au cou. Trimalcion se mit en devoir de trancher leur différend. Au reste ni l'un ni l'autre ne voulaient rien entendre ; mais, au contraire, chacun d'eux frappe de son bâton la cruche de l'autre. Scandalisés de tant d'insolence, nous regardions ce combat d'ivrognes ; quand nous vîmes tomber des cruches des huîtres et des pétoncles : aussitôt un esclave les ramasse, les met sur un plat et les fait circuler. Pour ne pas être en reste de magnificence, l'ingénieux cuisinier nous apporte des escargots sur un gril d'argent, en chantant d'une voix affreuse et chevrotante. J'ai honte de rapporter ce qui suivit : par un raffinement encore inconnu, des esclaves aux longues chevelures apportèrent des parfums dans un bassin d'argent, en frottèrent les pieds des convives, après les avoir en quelque sorte enchaînés de guirlandes depuis la cuisse jusqu'au talon. Le reste, ils le versèrent dans l'amphore à vin et dans les lampes. - Déjà Fortunata avait voulu danser ; déjà Scintilla, trop ivre, l'applaudissait du geste plutôt que de la parole, lorsque Trimalcion s'écria : « Philargyre et toi, Carrion, quoique tu sois un fameux champion des verts, je vous permets de vous asseoir. Menophile, dis à ta femme qu'elle se mette aussi à table. » Et nous voilà presque expulsés de nos places, tant toute la valetaille envahit la salle du festin. Le cuisinier qui faisait des oies avec des porcs s'était placé au-dessus de moi et s'imposait de force à mon attention, tant il puait la saumure et la sauce. Non content de s'être fait sa place, il imitait sans relâche le tragédien Ephésus et voulut enfin parier contre son maître qu'il remporterait le prix, s'il était du côté des verts, dans la prochaine course.